POSITION DE LA QUATRIÈME VOIE FACE AUX ACCORDS DE WASHINGTON DU 04 DÉCEMBRE 2025
La signature des Accords de Washington entre la République démocratique du Congo, le Rwanda et les États-Unis, le 04 décembre 2025, n’est pas un simple épisode diplomatique. Pour la « Quatrième Voie », engagée du côté des peuples, cet événement s’inscrit dans une longue continuité d’ingérence et de mise sous tutelle de la souveraineté congolaise. Derrière le discours officiel de stabilisation et de coopération, ces accords révèlent un jeu stratégique où les intérêts étrangers, en particulier américains et rwandais, s’imposent au détriment des aspirations profondes du peuple congolais.
Loin d’adhérer aux récits convenus de la communauté internationale, la « Quatrième Voie » entend dévoiler les mécanismes de puissance, les rapports de domination régionale et l’architecture de dépendance qui fragilisent depuis des décennies la République Démocratique du Congo. Ces accords ne constituent en rien une rupture. Ils prolongent au contraire un schéma diplomatique et géopolitique où la RDC se retrouve reléguée au rang de spectatrice de son propre destin, prisonnière de négociations menées entre puissances extérieures sous couvert d’un dialogue trilatéral. Les intérêts géostratégiques des Etats-Unis et les ambitions sécuritaires du Rwanda dominent largement la logique de l’accord, enfermant la RDC, pourtant riche en ressources vitales pour l’économie mondiale, dans une position subalterne qui l’empêche de définir seule les conditions de la paix sur son territoire.
Dans cette perspective, la « Quatrième Voie » considère que la présence américaine n’a jamais réellement visé la stabilisation durable de la région. Elle répond surtout à une stratégie de contrôle des ressources et d’influence politique. Le Rwanda, partenaire privilégié des Etats-Unis depuis les années 1990, s’inscrit dans cette dynamique en occupant un rôle central dans un système d’alliances qui entretient l’instabilité régionale. Ainsi, la paix devient un prétexte diplomatique, tandis que la gestion du conflit dans l’Est du Congo reste instrumentalisée par des intérêts extérieurs.
Cette analyse s’appuie sur une lecture historique assumée. La chute du régime Mobutu, l’arrivée de Laurent-Désiré Kabila puis celle de Joseph Kabila sont relues comme autant d’épisodes où les puissances étrangères ont influencé, directement ou indirectement, les recompositions politiques en RDC.
Pour autant, la « Quatrième Voie » refuse de ne pointer que les responsabilités extérieures. Elle rappelle avec force que la domination étrangère n’a pu prospérer que grâce aux failles internes de la gouvernance congolaise. Corruption endémique, divisions des élites, absence de vision nationale, instrumentalisation de l’Etat : ces facteurs ont ouvert la voie à toutes les ingérences. Sans un sursaut éthique, politique et institutionnel au sein de la classe dirigeante, aucune souveraineté authentique ne pourra être reconstruite.
Fidèle à sa vocation panafricaniste populaire, la « Quatrième Voie » appelle donc le peuple congolais à un sursaut de dignité. Les expériences étrangères de résistance souverainiste, comme le Venezuela face aux pressions impériales ou le Burkina Faso dans sa réappropriation du discours panafricaniste, servent d’inspiration, non de modèles à copier. Le Congo doit inventer sa propre voie, fondée sur la maîtrise de ses ressources, l’autodétermination et le refus clair des dépendances imposées.
Ainsi, la « Quatrième Voie » dénonce à la fois la prolongation de logiques géopolitiques extérieures qui entravent le progrès du pays et la responsabilité d’une classe politique incapable de porter un véritable projet national. Elle réaffirme son rôle citoyen engagé dans la défense de la souveraineté congolaise, elle appelle chaque Congolaise et chaque Congolais à une mobilisation pacifique, lucide et déterminée, afin de construire un avenir fondé sur la dignité, la responsabilité historique et la souveraineté collective.
Fait à Kinshasa le 05 décembre 2025
Département de communication


